Notre cheminement vers un mode d’alimentation plus raisonné

Il y a quelques années lorsque j’ai rencontré Johan, nous étions à mille lieues de nous imaginer la vie que nous aurions aujourd’hui. Johan était intervenant sportif en plein cœur de Lyon, sortait entre copains, vivait en coloc avec des amis et menait une petite vie de citadin pépère. Tout roulait pour lui. De mon côté je tentais de mener une vie artistique à l’école des Beaux-arts de Nîmes. Je sortais, buvais et fumais beaucoup. Je voyageais aussi mais n’avais pas de projets concrets et je me perdais un peu dans ce tourbillon d’abus en tout genre qui ne me ressemblais pas.

Un jour j’ai rencontré Johan et nous avons décidé de vivre ensemble immédiatement. J’ai tout plaqué pour aller m’installer chez lui à Villeurbanne, j’ai quitté mon école, mes amis et j’ai changé de vie. Nos débuts ensemble sur Lyon ont été plutôt cool, nous avions chacun notre travail (j’étais auxiliaire de vie pour les personnes âgées et handicapées) et sortions de temps en temps avec les copains. Mais j’avais du mal à trouver ma place. La ville me dérangeais, je n’y étais pas à l’aise, pas épanouie… Alors j’ai cherché une formation qui pourrait m’offrir un métier qui me corresponde dans un environnement plaisant. C’était décidé : je deviendrais fromagère, et Johan m’accompagnerais !

Nous démarrons alors cette nouvelle vie en Haute Savoie pour entreprendre notre diplôme de techniciens en transformation laitière et fromagère, des étoiles plein les yeux et des rêves plein la tête. La montagne nous a énormément appris cette année-là, et bien que notre année d’étude nous ai beaucoup déçus, elle nous a aussi ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Le fait de vivre la transformation du lait au cœur des choses nous a fait prendre conscience que les fromages, les yaourts, les glaces, le beurre que nous mangeons ne viennent pas de nulle part et que derrière il y a des êtres sensibles et conscients qui en bavent pour nous satisfaire, nous, humains … Côtoyer ces animaux au quotidien a été radical pour nous, la viande a été rayée de notre alimentation du jour au lendemain, rapidement suivie par la réduction des produits laitiers mais aussi tout produit animal, industriel ou encore non Français. Pendant un temps nous sommes parvenus à supprimer totalement de notre alimentation tout produit animal et avions un mode de consommation qu’on pouvait qualifier de « vegan », puis crudivores pendant l’été. Ce changement brutal dans nos habitudes à pas mal inquiété nos familles et entourages, d’autant plus que nos réactions étaient très vives car nous étions encore sous le choc de tout ce que nous venions de découvrir. Petit à petit nous avons pris un rythme moins « extrême » et je pense qu’aujourd’hui nous avons plus ou moins trouvé notre équilibre. Nous ne consommons toujours aucune chair animale, mais avons repris une consommation très modérée de produits laitiers (fromages locaux de petits producteurs, miel local, œufs du jardin…). C’est un choix qui peut choquer certains fervents défenseurs de la cause animale (dont je fais partie !) alors pourquoi avoir pris cette décision ? Tout simplement parceque nous sommes dans une démarche permaculturelle, autrement dit, avoir le moins d’impact possible sur notre environnement et notre planète. Pour nous, cela consiste à consommer végétarien, principalement local, bio, de saison et le moins transformé possible. Tout simplement, et nous nous sommes rendus compte au cours de notre période végans que ce mode de vie impliquait d’avoir accès à d’énormes quantités de fruits, légumes, graines qui ne sont pas toujours disponibles en France et encore moins en toute saison. Alors j’apprécie énormément un délicieux green smoothie banane, avocat, chou kale et graines de chia mais vous remarquerez que là-dedans … il y en a déjà trois sur quatre qu’on ne peut trouver qu’en dehors de la France. Bref, tout ça pour dire que nous avons fait un choix d’alimentation, en toute conscience et qui nous semble être le plus juste écologiquement et éthiquement parlant, car nous ne favorisons pas les transports à travers le monde pour avoir le plaisir de manger une mangue (aussi bonne soit-elle…) ou encore pour manger des fraises en toute saison, et nous encourageons les petits producteurs locaux, qui sont rapidement devenus nos amis. Nous préférons manger végétarien et raisonné, plutôt que mal manger vegan et encourager le commerce sanglant de l’avocat, de la banane BIO de Guinée shootée aux pesticides mortels ou encore la triste nouvelle méga-industrie du BIO.

Pour ce qui est des céréales, du sel, des condiments, des épices, il est facile de se fournir en France ! La Camargue fourni le riz (certes pas de la même qualité de l’incroyable riz basmati je vous l’accorde…) et la fleur de sel, le Sud-Ouest à des cultures de soja bio, la Bretagne à également un sel de haute Qualité, la moutarde à Dijon, et il est si facile de faire ses pâtes avec un blé local ! Saviez-vous aussi qu’il est simple de faire pousser du poivre chez soi ? Johan à planté un petit poivrier de Sichuan dans notre jardin et nous avons pu en récolter les premiers grains cette année ! Les herbes aromatiques sont également tellement faciles à faire pousser chez soi ou à trouver dans la nature qu’il en devient presque ridicule d’en acheter toutes prêtes.   

Notre petit potager nous fournit également quelques légumes et petits fruits, fraises, tomates diverses, courgettes, betteraves, haricots verts, épinards, blettes, salades, petits pois, courges, potimarrons, cornichons, navets, poireaux, ail, oignons…  Il est encore petit car nous avons emménagé au printemps alors Johan n’a pas bien eu le temps de l’aménager, mais l’année prochaine sera plus intéressante c’est certain !

Je pense faire prochainement un petit article sur notre choix de vie à la montagne afin de vous raconter comment nous en sommes arrivés là =)

bébé végé

2 thoughts on “Notre cheminement vers un mode d’alimentation plus raisonné”

  1. Votre cheminement est intéressant!
    Une question reste en suspens: êtes-vous toujours fromagers? Car cette profession semble être finalement en contradiction avec vos idéaux! Ce n’est aucunement un jugement mais une curiosité parce que, par le passé, je me suis aussi demandé si je n’en devrais pas devenir fromagère afin de vivre dans les montagnes (un vieux rêve)… Puis nous avons opté pour le végétalisme un temps pour une raison éthique.
    Être maman d’une jeune fille (25 mois) m’a fait reconsidérer ma vision des choses mais c’est une autre histoire!!

    1. bonjour ! merci pour votre commentaire !
      Nous avons effectivement laissé tomber la fromagerie et ne nous sommes jamais installés.
      Nous sommes maintenant installés dans les Hautes alpes et cultivons des légumes ^^

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