Mon bébé “fait maison”

Depuis des semaines déjà j’attend son arrivée avec impatience, cette fin de grossesse avec des complications à n’en plus finir m’épuise et je commence à douter de tellement de choses et notamment de mes capacités à donner la vie… Les contractions sont de plus en plus intenses depuis des jours mais rien ne se passe, les insomnies sont toujours là mais rien ne se passe… et un beau jour, Le 12 mai 2018 je commence à avoir des doutes, comme si je sentais ce qui allait se passer. Je suis très fatiguée et dors beaucoup en journée, et surtout… je suis affamée ! je mange tout et n’importe quoi toute la journée. le soir, pendant que Johan monte endormir Louise je m’installe devant l’ordinateur comme à mon habitude, et au bout d’un moment, je sens quelque chose de chaud s’écouler entre mes jambes. Je saute de joie CA Y EST ! elle va arriver ! je me rend à la salle de bain en essayant tant bien que mal de ne pas en mettre partout et je prend une douche. La tête de bébé doit boucher la fissure car le liquide s’arrête de couler puis reprend selon mes mouvements. J’ai du mal à réaliser et Johan n’est pas encore au  courant… Quelques minutes plus tard il descend et je le regarde en lui disant…” mon chéri, je suis désolée mais ton multiplex de foot va devoir être mis en attente ce soir…”. Il me regarde d’un air hésitant entre la joie et la déception (merci le foot xD). Bref, on ne s’affole pas, je sais que la rupture de la poche ne signifie pas toujours un début de travail dans les heures qui suivent alors je laisse chéri se reposer tranquille et je monte préparer mon nid dans la chambre au cas où ce soit bel et bien pour cette nuit. Je dispose et allume les bougies et mes petites lumières d’ambiance, j’allume le diffuseur d’huiles essentielles, range les dernières affaires qui trainent, installe les alèses et les écharpes pour me suspendre. J’en profite aussi pour ouvrir les lettres que m’avaient écrites mes amies présentes à mon blessingway et ça me donne de la force <3 Je m’installe dans mon lit, je respire profondément et me connecte à mon bébé. Je relis une dernière fois le conte de la femme source de vie afin de me reconnecter avec toutes celles qui donnent et ont donné naissance à travers le monde depuis la nuit des temps. Je me sens prête. Les contractions n’évoluent toujours pas, elles sont pareilles que depuis plusieurs jours. Je décide de me coucher pour prendre le maximum de forces possible avant que le travail ne démarre car pour ma première j’avais fait l’erreur de rester éveillée 2 nuits de suite pendant le prétravail… Et ça m’avais achevée. Donc, je me couche, je met une musique de relaxation afin de m’aider à ne plus penser à tout ça, et je m’endors. habituellement je n’ai pas de contractions la nuit, mais cette fois-ci elles ont continué, je n’ai pas de montre alors je ne saurai pas dire de combien elles sont espacées mais je dirai toutes les 30min et bien qu’elles ne soient pas douloureuses, elles me réveillent. Je sens qu’elles s’intensifient mais restent toujours très espacées. Dans ma tête je suis persuadée qu’elles ne sont pas efficaces car elles ne contractent que dans le bas du ventre comme des douleurs de règles. Tout la nuit je me rend aux toilettes et mes intestins se vident. Je sais que c’est un signe que le travail avance alors je reste concentrée. Le fait de me lever pour y aller me provoque des contractions plus rapprochées mais je retourne me coucher à chaque fois. Je me suis tellement épuisée à mon premier accouchement que je n’avais qu’une seule idée en tête cette fois-ci : me REPOSER. Je retourne donc me coucher et les contractions redeviennent espacées de 20-30 minutes, mais elles continuent de grimper en intensité. Elles restent pourtant gérables alors je me dis que j’ai le temps… Je me dis aussi que si je me levais ça pourrais accélérer les choses, mais je préfère dormir les 20 min entre chaque plutot que de me lever tout de suite. Je gère bien de cette manière alors continuons ainsi. Vers 3 ou 4h les contractions s’intensifient et je ressens le besoin de me lever cette fois, alors je marche, je “danse” dans la chambre, j’ai toujours besoin de me rendre aux toilettes régulièrement et les vagues deviennent plus fortes et plus rapprochées lorsque je marche. Malgré tout j’ai toujours mon premier accouchement en tête et je suis persuadée que ce n’est que le début puisque j’arrive encore à respirer et à marcher. J’avais tellement la sensation que la douleur était insoutenable pour Louise que je n’imagine pas que mes contractions puissent être efficaces ce soir là. Je continue ma petite vie dans ma chambre, je me dis qu’à 6h je réveillerai Johan pour qu’il remplisse la piscine, mais je ne ressens pas le besoin d’aller dans l’eau… un peu avant 6h les vagues commencent à me submerger. Je tombe à genou devant mon lit et agrippe les draps, je pousse des râles et me sens paralysée. Ca réveille mon mari qui me rejoins et me dit que c’est bon signe, on approche. Je lui dis que je n’y arriverai jamais, et il me dis que je suis dans la phase de désespérance mais je n’y crois pas. Ce n’est pas possible c’est trop tôt. Ma fille de 2,5 ans nous rejoins, elle est sur le lit à côté de moi et me pose des questions, ” tu fais quoi maman? bobo maman? ça va aller maman, c’est bébé Tilile (pour Éline) ? ” je suis clouée au sol agenouillée au pieds de mon lit et j’essaye de rassurer ma grande qui me regarde avec ses deux billes noires. Johan tente de remplir la piscine mais ça ne veut pas, notre robinet est trop vieux et même l’adaptateur ne convient pas dessus. Temps pis, de toute façon je n’ai pas envie d’eau. La douleur devient trop forte, j’ai besoin d’être au calme et seule. Je quitte la chambre, je laisse ma petite fille qui me tend ma ventoline car elle sait que c’est mon médicament et qu’elle veut me soulager … Je profite d’une vague descendante pour dévaler les escaliers et je me retrouve dans le salon. Je n’ai plus aucun répit entre les contractions, je suis saisie de toute part et j’ai à peine le temps de reprendre mon souffle. En bas j’entend “plock, plock, plock” je me demande d’où ça vient mais je n’ai pas le temps de chercher, j’erre dans la maison en essayant de trouver une position pour me soulager. j’entre dans la salle de bain et là je réalise que tout le sol est mouillé : le plafond fuit ! le remplissage de la piscine à l’étage supérieur avait décidément vraiment raté ! J’avertis Johan puis retourne dans ma bulle. Je marche je marche je ne sais plus où aller jusqu’à ce que lors d’une contraction particulièrement violente je me jette à genoux sur mon canapé, les bras appuyés contre le dossier et là, je suis “bien”. C’est la position qui me conviens et je ne la quitte plus. Je ne me sens plus capable et je n’ai qu’une chose en tête : la péridurale ! ( ouais bin ma vieille tu es un peu loin de la mater là donc il va falloir l’oublier… !) dans ma tête je suis persuadée d’avoir le temps d’aller à la maternité car le travail douloureux n’a commencé que depuis moins d’1h et pour mon premier accouchement le travail à duré presque 3 jours. Je me sens donc incapable de tenir aussi longtemps à ce rythme ! dans ma tête tout se chamboule. Avec le recul je réalise que mes pensées et mes actes n’étaient pas cohérents. Ma tête voulait partir à la maternité et voulait arrêter de souffrir et mon corps faisait son travail et prenait toutes les positions nécessaires pour que tout se passe bien. à un moment donné je demande à Johan d’appeler la nounou de Louise pour qu’elle vienne la chercher et qu’on parte à la maternité alors qu’au même moment j’étais en train d’enlever ma culotte car mon corps savais que c’était imminent. On réveille la nounou à 6h45… pendant ce temps Johan et Louise font de leur mieux pour m’aider, ils tentent de me faire des caresses mais je ne supporte pas qu’on me touche, je veux être seule… Là je perd le fil, je n’ai plus vraiment notion de l’ordre dans lesquels les événements se déroulent mais je me souviens que Louise m’apportait des jouets pour me soulager et me distraire. Elle m’a d’ailleurs apporté une poupée Vaiana sur laquelle j’ai accouché quelques minutes plus tard…! Nouvelle vague encore tellement intense, 6h55, la nounou arrive mais Johan la fait rester dehors car je suis toujours dans la même position sur mon canapé, les fesses à l’air et j’ai commencé à pousser. Le temps qu’il dépose Louise, je tente de m’examiner pour savoir comment avance le travail toujours persuadée que mon col n’aurait pas bougé et là je sens quelque chose de dur. Johan revient et à partir de là tout va extrêmement vite. Je lui dis que j’ai senti la tête mais que je ne sais pas si je suis totalement dilatée (merci les contractions de me faire dire n’importe quoi ! je n’y croyais tellement pas ! ahah) Johan me dis qu’il va falloir prendre une décision, on va à la maternité ou pas ? je réponds que NON ! elle est en train d’arriver là !  ( enfin un peu de lucidité ^^). Toujours fermement agrippée à mon dossier de canapé avec Johan en face de moi je sens une sensation de poussée incontrôlable et tellement libératrice ! Je n’ai plus mal ! Je sens cette force extraordinaire que déploie mon corps pour faire avancer mon bébé et je ne sens même plus de douleur, seulement de la puissance! Malgré le fait que je n’ai pas mal, la poussée est si puissante que des sons sortent tous seuls de ma gorge, comme le cri d’un bodybuilder qui soulèverai un poids lourd. je décide de me ré-examiner. LA TETE EST LA ! Je demande à Johan de me donner le petit miroir que j’avais prévu pour l’occasion et nous pouvons tous les deux observer l’avancée du travail. Je suis scotchée, comme hors de mon corps et en même temps totalement ancrée en lui. Mon visage traduit mon état de choc et d’étonnement, je n’en reviens pas que tout aille si vite! Je suis dans un état second et entre deux poussées je ris ! Je regarde le miroir et je vois la tête prête à sortir, je regarde Johan et je ris encore ! et là je sens le fameux cercle de feu, je me prépare à ce que ça brûle intensément mais même pas! alors je ris encore plus et après une grosse poussée accompagnée de râles puissants et de quelques injures (et oui ahah) la tête sort! j’ai ma main dessus c’est une sensation tellement incroyable, j’ai le souffle coupé, je regarde Johan et je lui dis le souffle court et pouvant à peine parler… “J’y crois pas… J’ai sa tête dans ma main”. Juste un moment suspendu dans le temps, hors du commun … Je sens que mon bébé bouge et remu à l’intérieur de moi. Quelle sensation étrange ! suspendue entre deux monde ma fille faisait sa rotation et gigotait déjà! Il m’a même semblé l’entendre faire un petit son alors que son cors était encore à l’intérieur. Quelques secondes plus tard et après une dernière poussée ultra puissante mon bébé sort dans un flot de liquide amniotique ( Heureusement Vaiana était sous une alèse!), toute brillante et un peu violette. J’essaye de l’attraper mais elle glisse tellement que je n’y arrive pas! Je m’y prend à plusieurs fois avant de réussir à la tenir contre moi. On prend le premier truc à côté de nous pour la couvrir et il se trouve que c’est un beau plaid tout neuf, tout doux et surtout blanc comme neige! (il ne le sera pas resté longtemps…!) Je demande à Johan de regarder l’heure, nous sommes le 13 Mai 2018 et il est 7h03. 8 minutes plus tôt Louise était encore dans la pièce et avec le recul je pense même qu’elle devait encore être dans le jardin quand sa petite sœur est née tant c’est allé vite..! Je me lève et pour je ne sais quelle raison je commence à marcher dans le salon, et au bout de 3 ou 4 pas, je dis à Johan de vite prendre le saladier car le placenta est en train de sortir. Il le rattrape de justesse et ça y est… Je suis “délivrée”… Bizarrement le premier réflexe que j’ai, c’est de donner Éline à Johan et de partir me doucher. Lorsque je sort de la douche, on décide d’aller se mettre au chaud tous les trois dans la chambre, on allume le chauffage et on profite de ces premiers moments tous les trois…. Je dirai 1h30 plus tard, Éline trouve elle même le sein et la tétée d’accueil est lancée. C’est une vraie pro ! Nous profitons de ce moment de calme pour brûler le cordon à l’aide d’une bougie en cire d’abeille que j’avais achetée pour l’occasion. Une fois la séparation terminée et comme nous allons tous bien, Johan décide d’aller récupérer Louise chez sa nounou. La première rencontre est tellement émouvante… Louise est si fière … Et en même temps impressionnée. Elle est grande sœur… Et nous sommes 4 … Le début de la nouvelle aventure commence …!

 

 

2 thoughts on “Mon bébé “fait maison””

  1. Tu t’es débrouillée comme un chef, j’ai pleuré en te lisant, rien de plus beau qu’une naissance qui se passe si bien, gros bisous, je pense très fort à vous et jespère rencontrer votre nouvelle merveille très bientôt. Danièle.

  2. Oh mais c’est génial cette naissance ! Bravo ! Et puis tu donnes des clés pour s’apaiser au moment d’accoucher, c’est génial ! Merci merci merci, c’est trop beau <3

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