La mère parfaite est imparfaite

Comme beaucoup de mamans, si ce n’est la totalité d’entre elles, je subi beaucoup de pression de façon subliminale sur mon rôle de mère : être toujours plus parfaite, toujours plus aimante, toujours plus souriante, toujours plus forte, toujours plus belle et organisée. Hum hum, laissez-moi doucement rire. La vie d’une maman est loin d’être ainsi. Si votre vie ressemble à ça alors wow ! je suis heureuse pour vous et vous devez certainement venir d’une autre planète ou avoir du sang à la cryptonite qui coule dans vos veines. Mais honnêtement, ce genre de vie qu’on nous vend sur les réseaux sociaux est loin de me faire rêver. Pourtant, je suis beaucoup de mamans « parfaites » sur le net, qui vendent du rêve, elles ont 3, 4 ou même 5 enfants, vivent sur des îles paradisiaques, ne semblent pas travailler et pourtant avoir bien des moyens financiers, passent leurs journées à se baigner dans l’océan ou les cascades Hawaïennes et pour couronner le tout, vivent des grossesses de rêve comme si de rien était. BREF le genre de vie qui pourrait faire culpabiliser n’importe quelle maman qui les regarde derrière son écran, le chignon défait, des cernes plein de visage et une maison sans dessus dessous malgré ses 1001 tentatives de ramassage de jouets quotidiennes …

J’ai été et suis encore cette maman qu’on culpabilise sans le vouloir, même si j’ai fait beaucoup de progrès sur mon lâcher prise au quotidien, il existe toujours ces moments de faiblesse et de fragilité émotionnelle qui arrivent comme ça sans prévenir, après avoir encaissé avec le sourire, 2 semaines de nuits hors du commun entre douleurs diverses et variées à cause de la grossesse, des nuits quasi blanches à cause des réveils pipis de moi-même mais aussi de notre fille de 2 ans qui régresse encore parfois et nous mouille le lit 2 fois de suite (alors changer les draps au beau milieu de la nuit quand tu as déjà du mal à marcher c’est sympa), mais aussi tellement de remise en question, de réflexions nocturnes qui apparemment ne concernent que nous les mamans car il sembleraient que les hommes soient réellement équipés d’un bouton OFF la nuit et mettent leur cerveau totalement en veille (la chance !).  Bref, il arrive parfois que pendant une période on se sente pousser des ailes, qu’on se sente capables de tout affronter avec le sourire et tout gérer de front, mais gare au revers de médaille qui est souvent assez violent … et ce revers peut être provoqué par un détail minuscule qui nous aurait semblé sans importance la veille… Alors allez savoir ce qui déclenche tout ça, peut-être la surcharge émotionnelle, ou simplement d’avoir accumulé trop de fatigue … ? Le fait est qu’un jour tout bascule et parfois notre entourage à un peu de mal à comprendre.

Honnêtement, quand je prends du recul sur ma vie, je me rends compte qu’elle a vraiment des allures de vie parfaite… ! J’ai un mari incroyable qui m’aide énormément dès qu’il le peut, une grande maison avec un jardin immense pour pas cher dans un village paradisiaque de montagne, une petite fille en or qui nous épate tous les jours et qui déborde de tendresse et d’amour, une nounou incroyable pour garder notre pépette 4 après-midi par semaine alors que je ne travaille pas, une famille toujours prête à nous venir en aide malgré la distance qui nous sépare et pour couronner le tout une petite sœur qui nous rejoindra bientôt… Bref, pas mal quand même ! Et bien pourtant, malgré tous ces éléments merveilleux réunis, je suis rarement coiffée (très rarement), souvent en pyjama, fatiguée pour un rien, Louise regarde des dessins animés et quand elle est chez la nounou je n’ai aucune autre motivation que de m’allonger sur le canapé et me poser sur l’ordinateur. La première année de Louise a été très éprouvante pour moi. Je me suis littéralement « oubliée ». Je mets des guillemets car sur le coup ce n’était absolument pas difficile et je le faisais naturellement et avec plaisir, mais une fois sa première bougie soufflée… c’est comme si tout s’était écroulé petit à petit. Ma patience, ma motivation ma confiance… L’épuisement a pris le dessus et remonter la pente a été très long et difficile. Parfois je crois que je suis encore dans ce tourbillon, à récupérer péniblement de ces 2.5 années de nuits compliquées, alors que d’ici quelques semaines un nourrisson nous rejoindra et nous seront repartis pour un tour. Aujourd’hui avec l’arrivée de ce nouveau bébé, j’arrive à imaginer les choses différemment, Louise m’a permis de prendre conscience de mes limites et c’est une bonne chose car j’appréhenderai peut-être moins de prendre du temps pour moi cette fois-ci. Nous verrons bien ce que l’avenir nous réserve 😉 . Tout ça pour dire que la vie, elle est là… elle est dans la mère qui découvre son nouveau corps pendant et après une grossesse, dans cette femme qui ne sait pas si elle saura aimer de nouveau son corps un jour. Elle est dans les yeux de nos bambins, pleins d’amour et de lumière, qui s’émerveillent de nous voir jouer avec eux, même s’il y a du linge à plier, de la vaisselle à faire ou des papiers à ranger. Elle est dans ces couples qui doutent de leurs choix, de leur solidité, parce que la fatigue c’est dur et éprouvant pour la famille entière. Elle est dans la prise ou la perte de poids de la maman qui s’oublie et se cache derrière des joggings en pleurant derrière les stories de son compte instagram en pensant qu’elle n’est pas à la hauteur. Elle est dans les larmes de fatigue, de colère, d’épuisement. Mais aussi dans celles de joie, de fierté et de dépassement de soi. Ces larmes qui nous font réaliser à quel point nos enfants nous rendent belles et fortes, au-delà de tout ce que nous avions pu imaginer. Elle nous élève plus haut que nous ne l’avons jamais été, elle nous rend louves, lionnes, déesses. Elle nous rend Mères.

Inspirez-vous des femmes que vous admirez plutôt que de vous comparer à elles. Ne vous servez pas de leur apparente perfection pour creuser vos failles fragiles. Contentez-vous plutôt de prendre du recul sur votre vie, sur vos enfants, sur votre parcours. Mettez de la lumière sur les choses qui vous rendent fière, les choses qui vous rendent unique, vos batailles. Soyez fière d’élever vos enfants seule plutôt que de le voir comme un échec. Soyez fière de leur préparer des plats faits maison ne serait-ce que 3 jours par semaine. Soyez fière d’avoir cette relation harmonieuse avec votre amoureux malgré les soucis financiers ou familiaux qui vous entourent… Ne culpabilisez pas si votre enfant regarde un dessin animé de temps en temps si cela peut vous permettre de prendre une douche, aller aux toilettes ou simplement vous allonger à côté de lui et fermer les yeux quelques instants… Profitez de ce moment pour récupérer et souffler un peu… Vous vous rattraperez quand vous irez mieux, que vous serez rechargée et prête à gérer le quotidien. Il n’y a pas de petites victoires. Chacune d’entre elle vous rend unique et fait de vous ce que vous êtes. <3

2 thoughts on “La mère parfaite est imparfaite”

  1. Coucou Mélanie,
    ëtre parfaite, impossible, mais faire de son mieux, c’est déjà bien, comme tu le sais avoir des enfants pour nous a été un très long parcours du combattant, avec des traitements très lourds et très fatigants, mais quand au bout de 10 ans nous avons eu notre fils dans nos bras, ça a été le bonheur la récompense de ces années de tristesse .
    Ma vie a tourné autour de mes enfants, notre couple était fort il l’est encore. J’ai passé toutes les années d’enfance de mes enfants, à ne penser qu’à eux, j’ai fait tout ce que j’ai pû, sans jamais me sentir obligée, envahie, mes enfants et mon mari sont ma vie. Je n’ai pas fait de cododo, mais je me suis levée chaque fois que mes enfants m’appellaient, je ne les laissais, jamais pleurer, j’ai préparé tous leurs repas , jamais d’alimentation industrielle, et surtout je leur ai donné tout mon amour de maman, et à présent qu’ils sont devenus des adultes équilibrés et bien dans leur peau, je suis fière d’eux et de l’éducation que nous leur avons donnée. C’est le résultat qui compte, alors Mélanie, sois fière de toi tu es une maman pleine d’amour, et tes enfants comme le font maintenant les miens te le rendront au centuple, . Ton nouveau bébé, ser un nouveu bébé, bien entendu tu vas mons dormir les premiers temps, mais peut être que cette puce là fera très vite ses nuits, Manon que j’ai allaitée, faisait ses nuits à 5 semaines, ça existe !!!! Bon courage ma belle tu vie ta plus belle aventure, profites en bien, on pense à toi, Danièle.

    1. Merci infiniment pour tes mots Danièle … Tes enfnts sont effectivement la preuve que l’amour ne rend pas les enfants capricieux ou tyrans, mais qu’il créé au contraire des êtres aimants, doux et bien dans leur peau. J’ai confiance en l’avenir <3 a bientot !

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